La prostate : à quoi sert-elle et quels problèmes peut-elle poser ?

La prostate est une petite glande que seuls les hommes possèdent. Située juste sous la vessie, elle a la taille et la forme d’une noix et est traversée par l’urètre. Comprendre son rôle et ses maladies les plus fréquentes aide à mieux reconnaître les signes à surveiller et les examens nécessaires.

Anatomie et fonctions principales

La prostate entoure l’urètre dans sa portion initiale. Parce que l’urètre la traverse, toute anomalie prostatique peut modifier le passage des urines et entraîner des troubles du jet, des envies fréquentes ou une vidange incomplète de la vessie.

Sur le plan reproductif, la prostate est l’organe de l’éjaculation. Elle produit du liquide prostatique riche en enzymes et en PSA (antigène prostatique spécifique) qui nourrit et protège les spermatozoïdes. Au moment de l’orgasme, la prostate se contracte pour expulser le sperme.

Ce que la prostate ne fait pas

  • La prostate n’intervient pas directement dans la continence. La continence dépend des sphincters urinaires situés autour de la prostate.
  • Elle n’est pas responsable des érections. Les nerfs érectiles sont accolés à la prostate mais distincts de celle-ci.

PSA : pas seulement un marqueur sanguin

Le PSA est souvent présenté comme un simple marqueur que l’on dose dans le sang, surtout après 50 ans. En réalité, il a une fonction physiologique : dans le sperme, le PSA aide à liquéfier le sperme après l’éjaculation, libérant ainsi les spermatozoïdes pour une éventuelle fécondation.

Un taux de PSA élevé dans le sang peut traduire une inflammation, un adénome ou un cancer, mais il n’est pas spécifique. C’est pourquoi on interprète le PSA en fonction du toucher rectal, des symptômes et, si besoin, des examens d’imagerie.

Peut-on vivre sans prostate ?

Oui. Il est possible de vivre sans prostate tout en restant continent et en conservant la capacité d’avoir des érections, car les sphincters urinaires et les nerfs érectiles peuvent être préservés selon la situation. En revanche, l’ablation de la prostate entraîne la disparition de l’éjaculation.

Les principales maladies de la prostate

  • Prostatite : infection ou inflammation de la prostate. Les symptômes et le traitement varient selon la forme (aiguë ou chronique).
  • Adénome de prostate / Hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) : augmentation de volume fréquente avec l’âge. À partir de 50 ans, environ 70 % des hommes présentent une augmentation du volume prostatique, qui peut gêner le passage des urines.
  • Cancer de la prostate : apparition le plus souvent après 50 ans. C’est la maladie qui suscite le plus d’inquiétude, mais son dépistage et sa prise en charge peuvent être adaptés à chaque homme.

Comment j’examine la prostate

Voici les étapes clés que j’utilise pour évaluer la prostate :

  • Interrogatoire : recherche de symptômes urinaires (fréquence, urgence, jet faible, réveils nocturnes).
  • Toucher rectal : permet de palper la prostate pour évaluer sa taille, sa consistance et la présence d’un nodule suspect.
  • Dosage du PSA : généralement réalisé chaque année à partir de 50 ans, ou plus tôt selon les facteurs de risque familiaux.
  • Échographie prostatique : utile pour mesurer le volume prostatique.
  • IRM prostatique : donne une image tissulaire plus précise et améliore la détection des cancers agressifs.
  • PET scan : examen très spécialisé, utilisé dans des situations précises pour la détection de récidive ou d’extension.

Options de traitement et approches modernes

Le traitement dépend du diagnostic. Pour l’adénome de prostate, il existe des solutions médicamenteuses et des techniques mini-invasives qui réduisent les symptômes sans chirurgie lourde. Parmi les techniques récentes figurent le laser Holmium, les procédés REZUM et UROLIFT.

Pour le cancer de la prostate, les approches vont de la surveillance active à la chirurgie. La prostatectomie robotique a transformé la prise en charge en permettant des interventions plus précises et parfois réalisées en ambulatoire selon les protocoles et l’expérience du centre.

Conseils pratiques

  • Surveillez vos symptômes urinaires : un changement du jet, des envies plus fréquentes ou des réveils nocturnes méritent une consultation.
  • Faites un bilan à partir de 50 ans : toucher rectal et dosage du PSA annuels sont des repères courants.
  • Ne paniquez pas face à un PSA isolé : il faut interpréter le résultat dans son contexte et compléter par d’autres examens si nécessaire.
  • Parlez des antécédents familiaux : des antécédents de cancer de la prostate chez un proche peuvent justifier une surveillance plus précoce.

En résumé

La prostate joue un rôle central dans la reproduction et l’éjaculation. Elle n’est pas responsable de la continence ni directement des érections, mais sa localisation explique pourquoi certaines interventions peuvent modifier ces fonctions. Les affections principales sont la prostatite, l’adénome (HBP) et le cancer. Un suivi clinique régulier, le toucher rectal, le dosage du PSA et des examens d’imagerie comme l’échographie et l’IRM permettent de poser un diagnostic adapté et d’orienter le traitement.

Si vous avez des questions sur la prostate ou des symptômes qui vous inquiètent, parlez-en avec un spécialiste afin d’établir un bilan personnalisé.

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