Vous avez un adénome de prostate, c’est‑à‑dire une augmentation bénigne du volume de la prostate qui comprime l’urètre et gêne la miction. J’explique ici les options de prise en charge actuelles, leurs bénéfices et leurs inconvénients, pour vous aider à comprendre ce qui peut être proposé selon vos symptômes et vos priorités.
Qu’est‑ce qu’on ressent ? Les symptômes à connaître
Les signes les plus fréquents liés à l’adénome de prostate sont :
- Polaquiurie : mictions fréquentes, surtout la nuit.
- Urgence mictionnelle : besoin soudain et impérieux d’uriner.
- Dysurie : diminution de la force du jet, sensation d’effort pour uriner.
La prise en charge dépendra de la sévérité de ces symptômes, de leur retentissement sur la qualité de vie, et de la taille et la configuration de la prostate.
Stratégie thérapeutique : du plus simple au plus invasif
On suit classiquement un parcours en escalade :
- Traitement médical
- Traitements mini‑invasifs
- Traitement chirurgical endoscopique
1. Traitement médical
Nous commençons toujours par des médicaments. Plusieurs familles existent :
- Extraits de plantes : ils peuvent aider à décongestionner la prostate et à réduire certains symptômes (mictions fréquentes, urgences). Leur effet est modeste et convient pour les symptômes légers.
- Alpha‑bloquants : agissent rapidement en ouvrant le col de la vessie et en améliorant le jet urinaire. Ils donnent souvent un soulagement rapide de la dysurie.
- Médicaments réduisant le volume prostatique : ces traitements, dont l’effet se manifeste après environ six mois, diminuent la taille de la prostate et peuvent réduire le risque d’aggravation à long terme.
On peut associer deux médicaments pour obtenir des effets complémentaires. Le choix tient compte des symptômes, des contre‑indications et des effets secondaires possibles.
2. Traitements mini‑invasifs
Entre les médicaments et la chirurgie définitive, il existe aujourd’hui des options moins invasives qui améliorent le jet urinaire tout en préservant la sexualité, en particulier l’éjaculation :
- UroLift : des implants sont posés pour écarter les parois prostatiques et dégager l’urètre. L’effet est immédiat sur la sensation d’écoulement, et la procédure conserve généralement l’éjaculation.
- Rezūm : de la vapeur d’eau est injectée dans la prostate pour ablater et ramollir les tissus, entraînant une réduction de volume progressive. Rezūm conserve aussi généralement la fonction éjaculatoire.
Ces traitements offrent un bon compromis : amélioration significative des symptômes pour beaucoup de patients, récupération rapide et préservation de la sexualité. L’amélioration peut être légèrement inférieure à celle obtenue par traitement laser, mais suffisante pour retrouver un confort urinaire.
3. Traitement chirurgical endoscopique
Lorsque les médicaments ne suffisent plus ou sont mal tolérés, la chirurgie est indiquée. Aujourd’hui, l’intervention est le plus souvent endoscopique, réalisée sans incision externe, par les voies naturelles.
La technique courante consiste à vider l’intérieur de la prostate avec un laser (par exemple laser Holmium). Elle restaure de façon très efficace un bon jet urinaire et soulage durablement l’obstruction. Le principal inconvénient est la perte de l’éjaculation normale : l’éjaculation devient rétrograde, c’est‑à‑dire qu’elle retourne dans la vessie et n’est plus expulsée au moment de l’orgasme.
Comment choisir ? Avantages et inconvénients résumés
- Médicaments : débuter par là. Peu invasifs. Effet variable selon la classe. Les médicaments qui réduisent la taille prennent plusieurs mois pour agir.
- UroLift et Rezūm : préservent en général l’éjaculation, récupération rapide, amélioration notable des symptômes mais parfois moindre qu’un traitement laser complet.
- Laser endoscopique : efficacité maximale sur le débit urinaire et les symptômes obstructifs, mais fréquente rétrograde de l’éjaculation.
Points pratiques et suivi
Le choix dépend de plusieurs éléments : intensité des symptômes, taille et anatomie de la prostate, tolérance aux médicaments, importance de préserver l’éjaculation, comorbidités et préférences personnelles. Un bilan urologique et une discussion avec votre praticien permettent de déterminer la meilleure option.
Signes qui doivent inciter à consulter rapidement : aggravation marquée de la dysurie, incapacité à uriner (rétention aiguë), infections urinaires récidivantes, ou signes de souffrance rénale.
Résumé rapide
- On commence généralement par les médicaments.
- Si les médicaments ne conviennent pas, on peut proposer des traitements mini‑invasifs (UroLift, Rezūm) qui améliorent le jet et préservent la sexualité.
- Si nécessaire, une chirurgie endoscopique au laser offre l’amélioration la plus nette du débit, au prix d’une éjaculation rétrograde.
Questions fréquentes
Peut‑on combiner médicaments et traitements mini‑invasifs ?
Oui. Certaines situations bénéficient d’une association temporaire pour optimiser le résultat avant ou après une procédure.
Les traitements sont‑ils définitifs ?
La chirurgie endoscopique est souvent définitive. Les traitements mini‑invasifs peuvent nécessiter une réévaluation à plus long terme mais apportent un réel soulagement. Les médicaments sont généralement pris tant que le bénéfice clinique est présent.
Conclusion
Il existe aujourd’hui plusieurs options efficaces pour traiter l’adénome de prostate. Mon objectif est d’adapter le traitement aux symptômes et aux priorités de chaque patient : confort urinaire maximal tout en respectant, lorsque c’est possible, la vie sexuelle. Une consultation urologique permettra de choisir la meilleure voie en fonction de votre prostate et de vos attentes.
Si vous avez des questions précises sur votre situation, prenez rendez‑vous pour un bilan personnalisé.
