Quels sont les effets secondaires des traitements de l’adénome de prostate ?

Je vais expliquer, simplement et concrètement, quels effets secondaires vous pouvez attendre après un traitement endoscopique de l’adénome de prostate (hypertrophie bénigne de la prostate, HBP). L’objectif de ces interventions est toujours le même : diminuer la compression prostatique pour améliorer le jet urinaire. Mais chaque technique a ses avantages, ses limites et ses effets indésirables spécifiques.

Pourquoi traiter un adénome de prostate ?

Lorsque les médicaments deviennent insuffisants et que la qualité de vie se dégrade (jet urinaire faible, envies fréquentes, infections ou rétention urinaire), une intervention endoscopique est souvent nécessaire pour retrouver une miction normale. Le choix du traitement dépend de plusieurs facteurs : l’importance des symptômes, la taille et l’anatomie de la prostate, l’âge, et les priorités en termes de fonction sexuelle.

Les options endoscopiques et leurs mécanismes

Résection au laser (technique classique)

La résection prostatique, parfois appelée « raclage » dans le langage courant, se réalise aujourd’hui principalement au laser, notamment Holmium (HoLEP) ou autres lasers d’enucleation/ablation. Le principe est de retirer la partie obstructive de la prostate pour libérer l’urètre et améliorer le flux urinaire.

Avantages : efficacité importante et durable, amélioration du jet souvent optimale.

Inconvénient majeur : l’apparition quasi systématique d’une éjaculation rétrograde. Après l’intervention, les canaux éjaculateurs s’ouvrent vers la vessie et non plus vers l’urètre. L’éjaculat « remonte » alors dans la vessie et n’est plus expulsé vers l’extérieur lors de l’orgasme.

Traitements mini-invasifs : Rezūm et UroLift

Rezūm utilise la vapeur d’eau pour réduire le volume prostatique, tandis qu’UroLift place de petits implants pour écarter les lobes prostatiques et dégager l’urètre.

Avantages :

  • Ils améliorent le flux urinaire, souvent suffisamment pour retrouver un confort notable.
  • Ils préservent l’éjaculation dans la grande majorité des cas : Rezūm environ 95% de préservation, UroLift environ 99%.

Inconvénients :

  • Effet légèrement moins prononcé qu’une résection laser chez certains patients.
  • Durée d’efficacité généralement plus courte, en moyenne 5 à 10 ans, contre 15 à 20 ans pour la résection laser.
  • Douleurs périnéales possibles, plus fréquentes après UroLift que Rezūm.

Effets secondaires communs à tous les traitements endoscopiques

Peu importe la technique choisie, certains effets indésirables peuvent survenir. Ils sont en général transitoires et disparaissent en quelques semaines à quelques mois.

  • Saignements urinaires, souvent légers et temporaires.
  • Hémospermie : sang dans le sperme lorsqu’il est encore émis à l’extérieur, fréquent dans les semaines qui suivent.
  • Infections urinaires : traitées par antibiotiques si nécessaire.
  • Gêne ou douleur locale pendant quelques jours à quelques semaines, selon la technique.

La plupart de ces effets disparaissent spontanément entre un et trois mois, selon l’intervention et la sensibilité individuelle.

Comment choisir entre ces techniques ?

La décision doit être personnalisée. Voici les critères que je considère systématiquement :

  • Priorité à la préservation de l’éjaculation : privilégier Rezūm ou UroLift si maintenir l’éjaculation est important.
  • Recherche d’une solution la plus durable possible : la résection au laser offre la meilleure longévité (15 à 20 ans) et un résultat urinaire souvent supérieur.
  • Taille et anatomie de la prostate : certaines prostates volumineuses ou avec une architecture particulière se prêtent mieux à la résection au laser.
  • Tolérance au risque de réintervention : les techniques mini-invasives peuvent nécessiter une nouvelle procédure plus tôt.
  • Douleur périnéale et récupération : prévoir un risque plus élevé de gêne périnéale avec UroLift.

Points pratiques et recommandations

  • Discutez clairement de vos priorités sexuelles et urinaires avec votre urologue.
  • Informez si vous prenez des anticoagulants ou avez un risque hémorragique.
  • Attendez-vous à des symptômes temporaires post-opératoires (sang dans les urines ou le sperme, légère douleur, risque d’infection).
  • La plupart des effets secondaires s’atténuent entre 1 et 3 mois.

Conclusion

Il n’existe pas de solution unique pour tous. La résection au laser reste la technique la plus efficace et la plus durable, mais elle entraîne très souvent une éjaculation rétrograde. Les options mini-invasives comme Rezūm et UroLift offrent une excellente préservation de la fonction éjaculatoire, au prix d’un effet parfois moins durable et d’un risque de douleur périnéale. Le bon choix se fonde sur vos priorités, l’anatomie prostatique et la discussion avec votre urologue.

Si vous souhaitez une aide pour peser les avantages et les inconvénients en fonction de votre situation, je peux vous détailler ce qui conviendrait le mieux.

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