Radiothérapie dans le cancer de la prostate : pour qui, avantages et inconvénients

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Lorsqu’un cancer de la prostate est diagnostiqué suffisamment tôt pour être traité, plusieurs options peuvent être proposées. Parmi elles, la radiothérapie occupe une place importante.

C’est un traitement bien connu, efficace dans de nombreuses situations, et qui présente un avantage évident pour beaucoup d’hommes : éviter une chirurgie et une anesthésie générale. Mais comme tout traitement, elle a aussi ses limites, ses contraintes et ses effets secondaires potentiels.

Pour faire un choix éclairé, il faut comprendre simplement ce qu’est la radiothérapie, comment elle fonctionne, dans quels cas elle peut être proposée, et quels sont ses avantages et ses inconvénients face à la chirurgie du cancer de la prostate.

Qu’est-ce que la radiothérapie pour un cancer de la prostate ?

Le principe est relativement simple : irradier la prostate avec des rayons X afin de détruire la tumeur qui se trouve à l’intérieur de la glande.

Autrement dit, on cherche à brûler la prostate et le cancer qu’elle contient par un traitement ciblé. L’objectif est de traiter la maladie sans retirer l’organe.

C’est d’ailleurs ce qui distingue fondamentalement la radiothérapie de la chirurgie :

  • la chirurgie enlève la prostate,
  • la radiothérapie traite la prostate en place.

Les différentes formes de radiothérapie

Il n’existe pas une seule radiothérapie, mais plusieurs modalités de traitement.

La radiothérapie conventionnelle

C’est la forme la plus classique. Elle se fait généralement du lundi au vendredi, à raison d’une séance par jour pendant environ 7 semaines.

Le traitement est donc fractionné en de nombreuses séances, ce qui permet de délivrer la dose nécessaire tout en essayant de limiter au maximum l’impact sur les tissus voisins.

Les protocoles plus courts de type CyberKnife

Dans certaines indications, la radiothérapie peut être beaucoup plus courte, avec 3 à 5 séances. On parle alors notamment de CyberKnife.

Le principe reste le même : traiter la tumeur par irradiation, mais avec un schéma plus condensé.

La curiethérapie

Autre possibilité : implanter des grains radioactifs dans la prostate. C’est ce qu’on appelle la curiethérapie.

Cette technique se fait sous courte anesthésie générale. Là encore, l’idée est de délivrer une irradiation au plus près de la tumeur pour détruire le cancer.

L’avantage principal de la radiothérapie

L’intérêt majeur de la radiothérapie est clair : elle permet d’éviter une opération.

Pour certains patients, c’est un point essentiel. Cela signifie :

  • pas de chirurgie à réaliser,
  • pas d’anesthésie générale dans la plupart des cas,
  • une option de traitement souvent rassurante pour ceux qui redoutent l’intervention chirurgicale.

C’est une raison suffisante pour qu’elle soit très régulièrement discutée dans la prise en charge du cancer de prostate.

La limite importante : la prostate n’est pas retirée ni analysée entièrement

C’est l’un des inconvénients majeurs de la radiothérapie par rapport à la chirurgie.

Quand on opère un cancer de la prostate, la prostate retirée peut être analysée dans sa totalité. Cela permet de connaître avec plus de précision l’étendue exacte de la maladie.

Avec la radiothérapie, ce n’est pas possible, puisque la prostate reste en place.

Conséquence : si la maladie a été sous-estimée au départ par l’IRM ou les biopsies, on ne le découvrira pas immédiatement. On risque de ne s’en rendre compte qu’au moment d’une récidive.

C’est un point essentiel dans la réflexion thérapeutique.

La question de la récidive : un élément clé dans le choix du traitement

Quand on choisit un traitement initial, il faut toujours penser à ce qui sera possible si le cancer récidive.

Après une chirurgie

Si la prostate a été retirée et que la maladie réapparaît, il est souvent possible de compléter par une radiothérapie.

Autrement dit, la chirurgie laisse encore une carte thérapeutique importante à jouer ensuite.

Après une radiothérapie

La situation est plus compliquée. Une zone déjà irradiée ne peut généralement pas recevoir à nouveau une radiothérapie standard, car cela exposerait à trop de rayons et donc à trop de toxicité.

Quant à la chirurgie après radiothérapie, elle est réputée extrêmement difficile.

Pourquoi ? Parce que les tissus irradiés sont modifiés, fibreux, fragilisés, et beaucoup plus compliqués à disséquer. Dans ce contexte :

  • les résultats sur la continence urinaire sont nettement moins bons,
  • les résultats sur les érections sont très dégradés,
  • il existe un risque de plaie rectale, le rectum étant situé juste derrière la prostate.

Ce point compte énormément dans la stratégie globale de traitement.

Les effets secondaires communs à la radiothérapie et à la chirurgie

Comme la chirurgie, la radiothérapie peut entraîner certains effets secondaires fonctionnels.

Les troubles de la continence urinaire

Ils peuvent exister, même s’ils restent rares. La continence est donc un sujet à aborder avant le traitement, quelle que soit l’option retenue.

La dysfonction érectile

La radiothérapie peut aussi provoquer une dysfonction érectile.

Le mécanisme n’est pas exactement le même que dans la chirurgie, mais le résultat peut être similaire.

En chirurgie, le risque vient de la proximité des nerfs de l’érection, qui sont accolés à la prostate et peuvent être lésés lors de la dissection.

En radiothérapie, les rayons X peuvent diffuser autour de la zone ciblée et altérer la qualité de ces nerfs. L’influx nerveux passe alors moins bien, ce qui peut retentir sur les érections.

Les effets secondaires spécifiques de la radiothérapie

La radiothérapie a aussi des effets secondaires qui lui sont propres, en raison de la proximité anatomique de la prostate avec d’autres organes.

Même si les techniques ont énormément progressé, il existe toujours un risque de diffusion des rayons vers :

  • la vessie, située au-dessus de la prostate,
  • le rectum, situé juste derrière.

La cystite radique

Lorsque la vessie est irritée par les rayons, on parle de cystite radique.

Cela peut se manifester par :

  • des envies pressantes d’uriner,
  • des besoins fréquents,
  • parfois des saignements dans les urines.

La rectite radique

Lorsque le rectum est touché, on parle de rectite radique.

Les symptômes possibles sont :

  • des envies urgentes d’aller à la selle,
  • une irritation rectale,
  • des saignements dans les selles.

Le cas particulier des patients sous anticoagulants

Chez les hommes qui prennent un traitement anticoagulant au long cours, la prudence est particulièrement importante.

Pourquoi ? Parce que la radiothérapie peut favoriser des saignements urinaires ou digestifs, et ceux-ci peuvent être plus difficiles à contrôler dans ce contexte.

C’est donc un élément à intégrer sérieusement dans la discussion avant de retenir cette option.

Pour qui la radiothérapie est-elle une bonne option ?

La radiothérapie est une alternative intéressante à la chirurgie en première intention. Elle a toute sa place dans la prise en charge du cancer de la prostate.

Elle peut être particulièrement pertinente dans plusieurs situations.

En complément de la chirurgie

Dans une logique de stratégie globale, elle est souvent très utile en deuxième intention, c’est-à-dire après chirurgie, lorsqu’un complément de traitement est nécessaire.

C’est un de ses grands atouts dans l’arsenal thérapeutique du cancer prostatique.

Chez les patients qui ne peuvent pas avoir d’anesthésie générale

Lorsqu’il existe une contre-indication médicale à l’anesthésie générale, la radiothérapie peut représenter une excellente solution de première intention.

Quand la chirurgie s’annonce difficile

Dans certains cas, on estime que l’intervention chirurgicale risque d’être plus complexe ou moins favorable. La radiothérapie peut alors être proposée d’emblée.

Chez les patients qui redoutent la chirurgie

Il ne faut pas négliger cet aspect. Encore aujourd’hui, beaucoup d’hommes ont peur d’une opération, même si les techniques chirurgicales ont beaucoup progressé, notamment avec la prostatectomie robotique.

Dans cette situation, la radiothérapie constitue une option tout à fait recevable, à condition que le patient ait bien compris ce qu’elle apporte et ce qu’elle ne permet pas.

Comment réfléchir entre chirurgie et radiothérapie ?

Il n’existe pas de réponse unique valable pour tout le monde.

Le bon choix dépend de plusieurs éléments :

  • les caractéristiques du cancer,
  • les résultats de l’IRM et des biopsies de prostate,
  • l’âge et l’état de santé général,
  • la possibilité ou non d’une anesthésie générale,
  • le risque fonctionnel sur la continence et les érections,
  • la stratégie envisagée en cas de récidive,
  • et bien sûr les préférences du patient.

Le point important est de ne pas réduire le choix à une simple opposition entre traitement “léger” et traitement “lourd”. Une radiothérapie n’est pas un traitement anodin. C’est un traitement efficace, mais qui doit être choisi en connaissant précisément ses bénéfices, ses contraintes et ses limites.

Ce qu’il faut retenir

  • La radiothérapie dans le cancer de la prostate consiste à irradier la prostate pour détruire la tumeur.
  • Elle peut se faire sous forme conventionnelle, en protocole court type CyberKnife, ou par curiethérapie.
  • Son principal avantage est d’éviter une chirurgie.
  • Son principal inconvénient est que la prostate n’est pas retirée ni analysée entièrement.
  • En cas de récidive, une chirurgie après radiothérapie est beaucoup plus difficile.
  • Elle peut entraîner des troubles de la continence, une dysfonction érectile, ainsi que des effets spécifiques comme la cystite radique et la rectite radique.
  • Elle est particulièrement intéressante chez les patients non opérables, chez ceux pour qui la chirurgie semble difficile, ou chez ceux qui ne souhaitent pas être opérés.

La meilleure décision se prend toujours au cas par cas, après une discussion claire sur les bénéfices attendus, les effets secondaires possibles et la place du traitement dans la stratégie globale de prise en charge du cancer de la prostate.

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