On m’ordonne une IRM de la prostate. Pourquoi ce test est-il demandé, que recherche-t-on exactement et quelles conclusions peut-on en tirer ? Je vous explique simplement les principes, les indications et la suite des investigations possibles.
Qu’est-ce que l’IRM ?
L’IRM (imagerie par résonance magnétique) est un examen sans rayons X basé sur un champ magnétique puissant. Ce champ aligne les molécules d’eau des cellules et permet d’obtenir une image très précise des tissus, généralement plus fine que celle d’un scanner.
Avantages principaux :
- Pas d’irradiation : l’IRM n’utilise pas de rayons X.
- Pas d’injection d’iode : utile en cas d’allergie à l’iode ou d’insuffisance rénale.
Pourquoi demander une IRM de la prostate ?
Les deux indications principales sont :
- Un taux de PSA élevé.
- Un examen clinique anormal, par exemple un toucher rectal suspect.
Pour donner un ordre d’idée, un PSA compris entre 4 et 10 ng/ml correspond à un risque d’environ 30 % d’avoir un cancer de la prostate. Autrefois, on réalisait des biopsies systématiques chez tous les patients à PSA élevé, ce qui était imprécis et conduisait à beaucoup de biopsies inutiles. L’IRM permet aujourd’hui de mieux cibler les patients à biopsier et d’éviter des examens inutiles.
Que recherche-t-on sur l’IRM ?
L’objectif est de repérer une lésion suspecte, que l’on appelle une « cible ». Si une anomalie est détectée, elle est classée selon un score standardisé : le PI-RADS.
Le score PI-RADS (Prostate Imaging Reporting and Data System)
Le PI-RADS est un score de probabilité. Il n’indique pas l’agressivité d’un éventuel cancer, mais la probabilité qu’une lésion observée soit cancéreuse :
- PI-RADS 1 : prostate normale → surveillance simple.
- PI-RADS 2 : image d’origine inflammatoire → pas de biopsie, surveillance.
- PI-RADS 3 : douteux → décision au cas par cas selon antécédents familiaux ou facteurs génétiques (surveillance ou biopsie).
- PI-RADS 4 : risque d’environ 75 % → biopsie recommandée.
- PI-RADS 5 : risque d’environ 95 % → biopsie indispensable (PI-RADS 5 correspond souvent à une lésion volumineuse et très suspecte).
Que faire après l’IRM ?
La conduite dépend du score PI-RADS :
- PI-RADS 1–2 : surveillance clinique et biologique (PSA).
- PI-RADS 3 : surveillance ou biopsie selon le contexte clinique, les antécédents familiaux et les facteurs de risque.
- PI-RADS 4–5 : biopsie de la prostate recommandée.
Lors de la biopsie, j’effectue toujours :
- Des biopsies ciblées sur la lésion repérée à l’IRM.
- Un prélèvement systématique ou cartographique de la prostate pour détecter d’éventuelles lésions non visibles à l’IRM.
Cela permet d’augmenter la précision du diagnostic et d’évaluer correctement la présence d’un cancer.
Déroulement pratique et bénéfices pour le patient
L’IRM prostatique est un examen non invasif. Le radiologue vous demandera de rester immobile le temps de la séquence afin d’obtenir des images de bonne qualité. Dans la majorité des cas, l’IRM n’implique pas d’injection d’iode ; certaines séquences peuvent utiliser un produit de contraste spécifique, selon les recommandations du radiologue et l’état rénal.
Bénéfices concrets :
- Réduction des biopsies inutiles.
- Biopsies plus ciblées et plus précises lorsqu’elles sont nécessaires.
- Meilleure détection des lésions cliniquement significatives.
En résumé
- L’IRM de la prostate est devenue un outil central du dépistage et du diagnostic du cancer de la prostate.
- Elle est principalement demandée en cas de PSA élevé ou de toucher rectal anormal.
- Le score PI-RADS guide la décision : surveillance si 1–2, décision au cas par cas si 3, biopsie si 4–5.
- Lorsqu’une biopsie est réalisée, elle associe biopsies ciblées et cartographie systématique pour optimiser la détection.
Si vous avez un PSA élevé ou un examen clinique inquiétant, l’IRM offre aujourd’hui une approche plus précise et moins invasive que les méthodes anciennes. Je reste à votre disposition pour répondre à vos questions et adapter la conduite en fonction de votre situation personnelle.
