
Quand on souffre d’un adénome de la prostate, un moment arrive souvent où les médicaments ne suffisent plus, ou deviennent mal tolérés. À ce stade, beaucoup d’hommes cherchent une solution efficace, mais sans passer immédiatement par la chirurgie classique au laser ou par la résection endoscopique, qui consistent à enlever l’adénome.
C’est précisément là que les traitements mini-invasifs comme l’Urolift et le Rezum prennent toute leur place. Ce sont deux options récentes, intéressantes, ambulatoires, avec des suites généralement plus simples que les techniques traditionnelles.
Mais entre les deux, comment choisir ? La réponse dépend surtout de vos priorités : éviter un corps étranger, éviter une sonde après l’intervention, rechercher un effet possiblement plus durable, ou encore préserver au maximum l’éjaculation.
Deux traitements mini-invasifs pour éviter la chirurgie classique
L’Urolift et le Rezum ont un objectif commun : améliorer les symptômes urinaires liés à l’hypertrophie bénigne de la prostate sans recourir d’emblée à une intervention plus agressive.
Dans les deux cas, on est sur des techniques :
- mini-invasives,
- réalisées en ambulatoire, avec entrée le matin et sortie le soir,
- pratiquées sous anesthésie générale courte, ou parfois sous anesthésie locale selon les centres,
- avec des suites plus légères que la chirurgie classique de l’adénome.
Autrement dit, pour un patient bien sélectionné, ce sont deux très bonnes alternatives.
Comment fonctionne le Rezum ?
Le principe du Rezum est simple : on injecte, par les voies naturelles, de la vapeur d’eau dans la prostate.
Cette vapeur va entraîner un effet thermique ciblé qui permet de ramollir le tissu prostatique et d’en diminuer le volume. En réduisant l’obstacle créé par l’adénome, on améliore le passage de l’urine et donc la qualité du jet urinaire.
L’idée n’est donc pas d’agrafer ou de retirer immédiatement le tissu, mais de provoquer une réduction progressive du volume prostatique.
Comment fonctionne l’Urolift ?
L’Urolift repose sur un mécanisme différent. Ici, on ne détruit pas le tissu prostatique. On place à l’intérieur de la prostate de petites agrafes ou implants qui vont écarter les lobes prostatiques pour élargir l’urètre.
Le but est mécanique : ouvrir le canal urinaire de l’intérieur afin que l’urine s’écoule mieux.
Le résultat recherché est le même que pour le Rezum, à savoir une amélioration des symptômes urinaires, mais le moyen utilisé n’est pas du tout le même.
Ce que les deux techniques ont en commun
Avant de parler des différences, il faut souligner que l’Urolift et le Rezum partagent plusieurs avantages importants :
- ils évitent souvent une chirurgie plus lourde,
- ils se font sans hospitalisation prolongée,
- ils sont conçus pour offrir une récupération plus simple,
- ils cherchent à préserver au maximum la fonction éjaculatoire, ce qui est un point majeur pour de nombreux patients.
Sur le plan de l’efficacité globale, les deux techniques donnent des résultats assez proches.
Les différences importantes entre Urolift et Rezum
1. Corps étranger ou non
C’est probablement la différence la plus nette.
Avec l’Urolift, on laisse dans la prostate un implant permanent. Il s’agit donc d’un corps étranger qui restera en place définitivement.
Avec le Rezum, il n’y a aucun corps étranger. On effectue simplement des injections de vapeur dans la prostate.
Pour certains patients, ce point est essentiel. Certains acceptent très bien l’idée d’un implant interne. D’autres préfèrent clairement une technique qui ne laisse aucun matériel en place.
2. La sonde vésicale après l’intervention
Autre différence très concrète, et souvent déterminante dans le choix.
Après un Urolift, il n’y a généralement pas besoin de sonde vésicale au moment de la sortie.
Après un Rezum, en revanche, il faut en général prévoir une sonde vésicale pendant quelques jours.
Pour un patient qui souhaite absolument éviter la sonde, l’Urolift peut donc sembler plus confortable dans l’immédiat.
3. La gêne liée à l’implant
Avec l’Urolift, la présence de l’implant peut parfois provoquer une gêne périnéale pendant les premiers mois.
Ce n’est pas systématique, mais c’est un élément à connaître avant de prendre sa décision.
Le Rezum n’expose pas à ce type d’inconfort lié à un implant, puisque rien n’est laissé dans la prostate.
Quels résultats attendre ?
En termes d’amélioration des symptômes, les deux traitements sont globalement comparables.
Il existe néanmoins une tendance en faveur du Rezum sur deux points :
- le jet urinaire semble parfois un peu plus fort,
- l’effet paraît plus durable dans le temps.
Cette différence n’est pas présentée comme absolue, mais elle compte dans la réflexion, notamment chez les patients qui recherchent une solution mini-invasive avec la meilleure tenue possible à moyen et long terme.
Taux de réintervention à 5 ans
Le critère le plus parlant pour comparer la durabilité est sans doute le risque de devoir être réopéré.
- Avec le Rezum, le taux de réintervention à 5 ans est d’environ 6 %.
- Avec l’Urolift, il est d’environ 12 %.
Autrement dit, il y a deux fois moins de réinterventions à 5 ans avec le Rezum. C’est un argument solide en sa faveur lorsque la priorité est la durabilité du résultat.
Le point essentiel : préserver l’éjaculation
C’est l’un des grands intérêts de ces deux traitements. Contrairement à la chirurgie classique de l’adénome, ils permettent de réduire au maximum le risque d’éjaculation rétrograde.
L’éjaculation rétrograde correspond à une situation où le sperme ne sort plus normalement vers l’extérieur au moment de l’orgasme, car il remonte dans la vessie. Ce n’est pas dangereux, mais cela peut être très mal vécu.
Avec la chirurgie classique de l’adénome, ce risque est extrêmement élevé, de l’ordre de 99 % à 100 %.
Avec les techniques mini-invasives, on change complètement de logique :
- avec le Rezum, le risque d’éjaculation rétrograde est inférieur à 5 %,
- avec l’Urolift, il est encore plus faible, autour de 0,5 %.
Si la préservation de l’éjaculation est votre priorité absolue, l’Urolift a un avantage. Si vous acceptez un risque restant très faible mais souhaitez possiblement un effet plus durable, le Rezum peut être très pertinent.
Pour quels patients ces traitements sont-ils adaptés ?
Il existe une limite importante qu’il faut connaître : l’Urolift et le Rezum sont réservés aux prostates de moins de 70 grammes environ.
Quand la prostate est trop volumineuse, le risque d’échec devient très important. Dans ce cas, ces techniques ne sont généralement pas proposées, car elles ne sont pas adaptées à la morphologie de l’adénome.
Le choix du traitement dépend donc non seulement de vos symptômes et de vos attentes, mais aussi de la taille de votre prostate.
Comment choisir entre Urolift et Rezum ?
En pratique, on peut résumer les choses ainsi.
L’Urolift peut être une bonne option si :
- vous souhaitez éviter une sonde vésicale après l’intervention,
- la préservation maximale de l’éjaculation est votre priorité,
- vous acceptez la présence d’un implant permanent dans la prostate.
Le Rezum peut être une bonne option si :
- vous préférez une technique sans corps étranger,
- vous recherchez possiblement un jet urinaire un peu meilleur,
- vous privilégiez un effet plus durable, avec moins de réinterventions à 5 ans,
- vous acceptez d’avoir une sonde pendant quelques jours.
Ce qu’il faut retenir
L’Urolift et le Rezum sont deux excellents traitements mini-invasifs de l’adénome de la prostate chez des patients bien sélectionnés.
Leur efficacité est proche, leur réalisation est simple sur le plan hospitalier, et surtout ils permettent de préserver beaucoup mieux l’éjaculation que la chirurgie classique.
La vraie différence se joue souvent sur quatre questions :
- Voulez-vous éviter un implant permanent ?
- Êtes-vous prêt à garder une sonde quelques jours ?
- Recherchez-vous avant tout la durabilité ?
- La préservation maximale de l’éjaculation est-elle votre priorité absolue ?
Enfin, il faut toujours garder en tête que ces techniques ne conviennent pas aux grosses prostates. La taille de la glande reste un critère déterminant dans l’indication.
Le bon choix n’est donc pas le même pour tout le monde. Il doit être fait avec votre urologue, en fonction de votre prostate, de vos symptômes, de votre âge, de vos attentes et de vos priorités personnelles.